Les marchands de rien

Les marchands de rien
- Bonjour monsieur, excusez moi, je cherche un bon rien. Ce truc à la mode là, vous voyez, pour être dans le mouv', mais pas trop chère non plus.

- Bonjour Monsieur. Oui, bien sûr. Nous avons ici même du rien de Chine ou encore du rien polonais. Le rien chinois est un brin exotique mais légèrement plus cher. Il vient de plus loin ...

- Ah. Je veux quand même un rien de bonne qualité hein. Et vous pourriez m'en dire plus quand même sur ce rien, ça m'intrigue. J'en ai envie sans vraiment savoir pourquoi, mais comme je ne suis pas bête je n'achète jamais sans savoir.

- Oui, vous avez raison. Et bien le rien, c'est une matière à la fois banale et originale, qui peut décorer, s'aprécier à n'importe quelle heure et se prendre partout. Et qui plus est, le rien est très personnel, une fois acheté ce sera le vôtre, vous voyez. Vous même lui apporterez quelque chose en plus. Il est fidèle à son propriétaire.

- Hum, j'aime beaucoup. J'en prendrai deux. Donnez moi les chinois, ça s'ra très bien, mes amis vont en être fou de jalousie.

- Je le pense aussi. Evidemment, vu la préciosité de la chose, vous comprendrez que les riens ne sont ni repris ni échangé ni remboursé ...

- Cela va de soi. Merci.



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Assis sur son banc ou derrière son écran, Il a l'air de rien, un brin élégant et presqu'inteligent: Costume et cravate il fume et comate la plupart du temps entre robot et automate. Les uns sont hautains, les autres inquiets, une main sur le clavier et l'autre sur le combiné mais jamais loin du fil, mobile du poignet à la montre étincelante, fébriles des yeux sur des chiffres niais.

Regards par la fenêtre, coups de maître, sueurs: qu'il a l'air joviale à travailler pendant des heures. Il est sentimentale et matérialiste, banal: la blague machiste, pour mieux cacher ses instincts de tueur perfectioniste. Une seule chaine Bloomberg qui le malmène à faire le jeu de l'offre et de la demande à la chaine, et sans peine, il sème le capital humain et binaire au gré de ses cafès noirs et de ses nerfs.

Ils ne vivent plus, ils suivent sans raison, le flux qui les omnibule du chiffre rond. Pas carré car passé mais froid exponentiel; leur bonheur fait souvent le malheur de l'essentiel: sans se soucier du secteur, de l'entreprise, de l'individu, il ne fait qu'échanger des suites de un-zéro, zéro-un, de bon monticule de petits et grands riens, du monde à la rue pour des horreurs superflues.

# Posté le mardi 20 février 2007 14:58

Modifié le vendredi 16 mars 2007 15:20

Mis à prix/ Amour rationnel.

Mesdemoiselle et Mesdames,
je vais essayer de ne pas être trop cruel en vous livrant mon âme.

J'ai vu ses gens qui passaient leurs journées collés durant des heures jouant les détartreurs; J'ai vu ceux-là même qui s'étaient promis pour la vie en se regardant bien droit dans les yeux. Les jours sont passés, hélas, les yeux ont tournés, les jours sont passés et lasses, les premiers convivent aujourd'hui dans l'incompréhension et le mépris pendant que les seconds payent l'addition et se complaisent dans l'oubli. La vie n'est pas qu'on long fleuve tranquille et si les sirènes n'existent pas, tu n'as pas à avoir la frousse, marin d'eau douce, les moeurs ont la vie plutôt futile. Avant les vies brisées, les assiettes qui volent en éclat,le regard des enfants fébriles, avant qu'on ne fasse n'importe quoi, laisse-moi mettre quelques points sur ces "oui".Evitons les clichés "fidélité & compagnie" si ce n'est UGC et panini,ça nous évitera quelques frais; évitons les promesses, je ne voudrais pas qu'elle vous blesse. Puisque la vie à l'âge que j'ai, je ne sais pas ce que c'est mais je peux t'aimer pour une nuit, ça oui. Un CDD garantie,échangé sans divorcer. Pas de tracas quotidien, quelques bains, on sort couvert et suite à de bons desserts, on dissertera sur les plaisirs du Kamasutra sous la couette. Si l'hotel est trop cher, on ira chez toi ou chez moi ou même chinois... A la belle étoile peut-être, on mettra vite les voiles s'il fait trop froid. Retiens tes paroles et retiens tes larmes, si jamais je fait le beau parleur, ne t'alarme pas et feint le mutisme: dans la chaleur des draps, mon coeur retombera vite dans l'anonymat de ses souffles sourds. Pour moins de séquelles, évitons les longues distances, arrivé à échéance, lorsque le gong sonnera, on s'en ira comme on est venu, une bise ne serait pas mal venu.
D'un commun accord, je t'aurais aimé mon a-mor(t).

en pix: illustration de laurelneisse
Toi,je t'aime pour de bon.
Mis à prix/ Amour rationnel.

# Posté le mercredi 14 février 2007 09:26

Modifié le mardi 20 février 2007 15:27

Roberto, Boulogne.

Roberto, Boulogne.
Roberto, très tôt, a eu le goût de l'aventure. Au fur et à mesure, sa petite masure situé à l'encolure de Rio, est devenu trop étroite et il a commencé à manquer d'air pur malgré ses airs rieurs. Mais il est pieux et courageux et il s'est lancé au large avec quelques dents et trois sous au mieux, à l'autre bout du monde dans cette folle ronde que l'on appelle la vie. Il ne rêvait de rien d'autre sinon Paris et son pari fou était celui de réussir dans la ville lumière, coûte que coûte. Adulte errant et plutôt non chalant, même très feignant, il s'est vite retrouvé dans les rues. A la rue. Et dans ces moments là,sans maman, sans papa, les situations diverses et avariées, prennent des allures d'urgences et dans l'urgence, on fait avec c'qu'on a. L'argent facile peut courir les rues et couvrir les yeux de ce qui n'y ont pas froid.

On le voit souvent la nuit car aussi loin qu'il s'en souvienne, la capitale avait toujours eu une place d'honneur dans ses pensées, à l'ancienne et il adorait déjà la fête, les jupes et les paillettes comme dans les danses brésiliennes qui ornent sa mémoire. La ville réverbère possède ses attraits niveau son et lumière. Au cours des ses pérégrinations dans les soirées parisiennes, il avait rencontré beau nombre de personnes, de tous horizons lointains: africains, roumains ou de l'hotel du coin. Lui qui avait toujours aimé le ciel azur et l'air pur, trouvait dans le froid du soir et ce ciel sans étoile,un réconfort titubant, la pollution en option. Cap sur le bitume de ses ruelles désertes et patibulaires: il aimait montrer ses dents aux passants grisonants commes aux phares étincelants, un sourire colgate a toujours du répondant.

Tout le monde aimait Roberto et son accent exotique,son manteau de vison et ses blagues pathétiques. Parfois, il draguait au Queen sans talons aiguilles et se faisait quelques copines de pacotille. D'autres fois, il finissait la nuit au bois, pas pour assurer ses arrières mais pour arrondir ses fins de mois et le tout Paris connaissait les rires de ce faux esthète, peu athlète mais maquillé des pieds à la tête. Du crépuscule à l'aurore, il s'évertuait à recevoir sans rendez-vous, des voyeurs, des pervers, quelques fous et même quelques sextuagénaires. Quand il rentre dans son deux pièces bordelique, loin de toute sa famille, d'Amazonie à Copacabana, de ses amis d'ici et là, sans ses plumes, sans ses railleries quotidiennes, sans ses périples à la traine de péripatéticienne, il est seul avec sa peine.

# Posté le samedi 27 janvier 2007 17:25

Modifié le jeudi 24 mai 2007 05:21

Less du Neuf - La sueur a coulé



# Posté le mercredi 24 janvier 2007 18:07

Modifié le jeudi 25 janvier 2007 05:44

" Ne cherchez rien d'autre ailleurs. "

" Ne cherchez rien d'autre ailleurs. "
Bonne année et pommes sautées et trop de bons trucs en "é".
En atendant les articles :



¤ boite de macs ¤

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Edit du ma... Mercredi 00h01:

Il est de retour. Il est de retour. Ouais 2 fois.

PS: Le pacte écologique c'est quoi? ça se passe là: O

# Posté le dimanche 07 janvier 2007 13:12

Modifié le jeudi 08 février 2007 11:15