" Mon ", mien, à moi, si tu aimes posséder, sache que je n'ai pour trésor qu'un chien chiant, une conscience et quelques valeurs pour certains désuètes; des souvenirs dont je fais des colliers de perles, inestimable même pour quelques centimes en trop. Et je ne suis riche que d'eux, ¤ureux grâce à leurs mines d'or réjouis: famille, amis, tribu, entourage de tout âge, ils sont " mon manège à moi ", tickets gratuits à l'infini, pour des fêtes de roi. J'ai lontemps cherché un refuge alors que quand viens le déluge, je ne suis à l'abris qu'après des miens, ils sont ma toiture à cette vie dure. Je suis leur homme de paille et s'ils s'essouflent, tu pourras toucher mes fondations. Quant à mes racines, pour les couper, il te faudra creuser profond, te lever tôt, car ils m'ont appris le coup du roseau et à ce jeu-là, je suis plutôt costaud.
" Je " joue beaucoup, c'est un fait, depuis tout petit, ça pourrait résumer ma vie? Dans ma bulle, je ne suis qu'un funambule dont la seule alternative est la frêle esquive sur une petite île où le jeu est maitre et le travail prohibé; où l'on danse jusqu'à n'être plus que fossile. Alors je joue, alors je danse, sur le sable fin, sur le sable blanc; avec les mots et les coquettes et les coquines, j'ai la séduction dans la peau et la déduction carthésienne, alors j'adore deviner dans leurs regards une lueur d'espoir qu'on finisse au plumard pour un putain de panard. Et si je n'étais pas canard enchainé, je volerais leurs coeurs en même temps que leurs culs mais je n'ai pas l'âme d'un connard. Alors je me contente d'imaginer les courbes de leurs silhouettes, dérapant en aquaplaning lorsque l'excitation déborde du string ... Et que j'aime quand mes chansons finissent en queue de poisson plutôt qu'en cul-de-sac, alors doucement, je rentre-dedans et je profite du peu que la vie a pour nous offrir.
