Je déteste ça, coucher ma réalité sur papier, sans images, sans prose. Parce que la réalité des sentiments, c'est autre chose que se mettre tout nu, même dans la rue, même devant une vingtaines de portugais footdalleux de la place Clichy. Parce que montrer ma pilosité et ce qui me sert de dignité à la rigeur, passe encore, mais aller au-delà du corps, c'est peut-être la chose la plus dure à faire qui soit. La plus dure affaire à soi. Alors évidemment, derrière tout ces textes, il y a souvent un peu de moi, beaucoup l'autre reste du temps, mais je prends des pincettes, des grosses pinces même, je suis un rat de ma personne et je sublime le tout par quelques métaphores, c'est de l'introspection sans l'effort de la pudeur. Et parce que je suis un Mâle, merdeuh. La sensibilité, c'est un truc de filles, comme les séries AB, mais qu'elle était jolie Hélène, kelly aussi, d'ailleurs une dans chaque port, ou série. Pamela pour la plage.
On a de drôles d'idées quand on est petit, j'avais l'imaginaire tortueux mais qui s'autosufisait, je pouvais jouer tout seul mais acceptait facilement la compagnie d'autrui, sauf celle de ma soeur. Pudeur. Et dans mon foutoir, dans toute mon organisation bordélique, tout était très clairement rangé, même si ça se voit pas forcément au premier coup d'oeil. C'est peut-être pour ça que je voulais faire du droit depuis lontemps déjà, pour mettre de l'ordre dans tout ça. Bon ça et aussi, parce qu'avocat, ça gagne bien, sans qu'on vienne te prendre la tête, pas folle la guêpe. La larve?
On a de drôles d'idées quand on est petit, moi, déjà, à l'âge de 5 ans à peine, je pensais aux filles, embrasser avec la langue, faire l'amour par la boudine - nombril, simplet quoi. En grandissant, l'idée se faisait constante, coeur d'artichaux autant que les années se suivent. Réussite ou chagrin, petit à petit, l'idée se forge. On mûrit et on oublie, ainsi va la vie, si c'est pas la bonne tant pis, on apprends à accepter que les idéaux ne rentrent pas dans celle-ci ou celle-là, même si elle est audacieuse, mystérieuse, prétentieuse. On met de côté ses rêves, Con-promis.
Ce que je voulais, c'était une fille tranquille et subtile, qui m'aime, me comprenne et m'appuit, alors oui, la triade est plutôt du domaine de l'introuvable, je l'admets. Et le pire c'est que l'on s'y fait. Je rêvais qu'elle me prenne la main et qu'on affronte la vie à deux, avec ses pires et ses mieux. J'me disais que quand je la trouverais, je l'aimerais au 1er regard, la chérirais et l'épouserais, mais loin, très loin des mairies... Sur une plage à Tahiti, qui sait. Elle aurait une robe blanche et les cheveux aux vents. Il n'y aurait que la famille et les amis. Après, y'aurait une belle maison, de la marmaille et du bétail et du bruit au détail, incessamment. Simplet, quoi. Et puis, le destin parfois, a des trucs comme ça. Je crois que j'ai jamais dit merci juste pour ses petits trucs de la vie. Alors M-E-R-C-I. A l'air, au vent, à la vie. On se retrouve sur l'ile aux oiseaux.